Ralentissement minier confirmé

La nouvelle n’a pas de quoi se réjouir. Les pires craintes sont confirmées. L’Association minière du Québec (AMQ) avait raison de se montrer inquiète. Qui plus est, le projet de réforme de la loi sur les mines est mort au feuilleton, mercredi dernier, pour la troisième fois à l’Assemblée nationale.

Dans son dernier bulletin Mines en chiffres, l’Institut de la statistique du Québec indique qu’un ralentissement est à prévoir pour les années à venir. C’est une gifle qui arrive à un bien mauvais moment pour le gouvernement du Québec. Lui qui veut renégocier à la hausse les redevances des minières, le timing ne pouvait pas survenir à un pire moment.

Depuis plusieurs mois, tout est bloqué ou presque dans le Nord du Québec. Et dans un contexte où les minières sont frileuses d’investir à travers le monde en raison d’un ralentissement, je vois mal comment le Plan Nord pourrait reprendre du poil de la bête.

À l’AMQ, on déplore les décisions prises par le gouvernement et la valse-hésitation législative qui nuisent au positionnement du Québec comme endroit attrayant où investir.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, aura de grandes décisions à prendre au cours des prochains mois pour relancer le Plan Nord.

Devra-t-elle réviser significativement à la baisse les redevances minières projetées? Attendre que le cycle des ressources naturelles reparte à la hausse pour appliquer sa politique?

L’AMQ dit que l’exploration est essentielle pour compter sur une industrie minière forte au Québec. La présidente-directrice générale de l’association, Josée Méthot, soutient que le gouvernement doit stimuler et encourager l’industrie minière pour assurer que des projets se développent. Tout le monde s’entend sur ce point, mais à quel prix? Même si la ministre Ouellet acceptait de réviser à la baisse le montant des redevances, est-ce que cela sera suffisant à convaincre les minières de poursuivre leurs projets au Québec dans un contexte mondial de ralentissement?

En 2012, les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec ont reçu près de cinq milliards de dollars en investissements. Ce fut une année record en termes d’investissements des sociétés minières au Québec.